KHV TRAVAIL INRA

LA PEAU, PRINCIPALE PORTE D’ENTRÉE DU KOI HERPES VIRUS
Le Koi Herpes Virus (KHV) récemment désigné Cyprinid herpes virus 3 est l’agent infectieux très contagieux d’une maladie létale chez les carpes koi et les carpes communes. Après une incubation de 7 à 21 jours, en fonction de la température de l’eau et de l’état de stress du poisson, les premiers signes cliniques qui apparaissent sont la léthargie, une nage désorganisée, une hyperventilation. Puis le sujet présente une enophtalmie (les yeux sont rentrés dans les orbites), une hyper sécrétion de mucus et une adynamie (le poisson ne bouge plus). En phase terminale, des hémorragies cutanées et une importante nécrose des branchies sont observées. La mortalité, qui peut parfois apparaître dès les premiers jours, est souvent massive, de 50 à 100 %. Le laps de temps entre les premières et les dernières mortalités est très court, de 1 à 7 jours. Cependant, les voies d’entrée du virus lors d’une infection naturelle sont mal connues : on pense bien sûr aux branchies, portes d’entrée de nombreux pathogènes, et qui se nécrosent aux stades avancés de la maladie, mais cela n’a pas été démontré. Or, les récents progrès de l’imagerie par bioluminescence permettent de suivre in vivo l’entrée d’un pathogène et sa diffusion dans l’organisme (fiche 202-2006).
Cette technique consiste à détecter par une caméra ultrasensible les photons lumineux émis in vivo par des cellules infectées ici le virus KVH qui exprime un gène rapporteur, codant pour une enzyme, la luciférase. Cette enzyme catalyse l'oxydation d'un substrat avec transformation de l'énergie chimique en émission de lumière. De jeunes carpes communes, indemnes de la maladie et d’un poids moyen de 13 g, ont été immergées entièrement durant 2 heures dans une suspension contenant une charge virale de 103 UFP*/ml. Parallèlement, en vue d’une exposition partielle au virus, un tube en U en plexiglas cloisonné en deux parties égales dans sa partie horizontale par un anneau sur lequel est fixé un doigt de gant en latex a été fabriqué. Des carpes ont été introduites dans ce doigt où une ouverture est pratiquée pour laisser passer la bouche, les yeux et les opercules. Ce système permet d’exposer la partie postérieure du poisson à la solution virale (2 x103 UFP/ml durant 24 h), en préservant la partie antérieure, et donc les branchies. Après exposition partielle ou totale au virus, les carpes ont été prélevées et observées à l’aide d’une caméra ultrasensible à 12, 24, 48 et 72 h post-infection (p-i).
Dès 12 h p-i une discrète activité luciférase est détectée chez 7 poissons sur 10. A 24 h p-i, tous les poissons émettent un signal bioluminescent, qui s’accroît à 48 et 72 h p-i, ce qui confirme que le virus se réplique. De nouveaux spots luminescents apparaissent au cours du temps et touchent toute la surface de la peau et principalement les nageoires. Les poissons infectés dans le tube en U présentent des signaux bioluminescents uniquement sur la partie exposée à l’inoculum
Ce travail montre que la peau, et plus particulièrement celle couvrant les nageoires, est la porte d’entrée du KVH dans la carpe, comme cela avait été montré pour le virus de la Nécrose Hématopoïétique Infectieuse (VNHI) chez les salmonidés
M. BREMONT
INRA
Lab. Virologie et immunologie moléculaires
Le Koi Herpes Virus (KHV) récemment désigné Cyprinid herpes virus 3 est l’agent infectieux très contagieux d’une maladie létale chez les carpes koi et les carpes communes. Après une incubation de 7 à 21 jours, en fonction de la température de l’eau et de l’état de stress du poisson, les premiers signes cliniques qui apparaissent sont la léthargie, une nage désorganisée, une hyperventilation. Puis le sujet présente une enophtalmie (les yeux sont rentrés dans les orbites), une hyper sécrétion de mucus et une adynamie (le poisson ne bouge plus). En phase terminale, des hémorragies cutanées et une importante nécrose des branchies sont observées. La mortalité, qui peut parfois apparaître dès les premiers jours, est souvent massive, de 50 à 100 %. Le laps de temps entre les premières et les dernières mortalités est très court, de 1 à 7 jours. Cependant, les voies d’entrée du virus lors d’une infection naturelle sont mal connues : on pense bien sûr aux branchies, portes d’entrée de nombreux pathogènes, et qui se nécrosent aux stades avancés de la maladie, mais cela n’a pas été démontré. Or, les récents progrès de l’imagerie par bioluminescence permettent de suivre in vivo l’entrée d’un pathogène et sa diffusion dans l’organisme (fiche 202-2006).
Cette technique consiste à détecter par une caméra ultrasensible les photons lumineux émis in vivo par des cellules infectées ici le virus KVH qui exprime un gène rapporteur, codant pour une enzyme, la luciférase. Cette enzyme catalyse l'oxydation d'un substrat avec transformation de l'énergie chimique en émission de lumière. De jeunes carpes communes, indemnes de la maladie et d’un poids moyen de 13 g, ont été immergées entièrement durant 2 heures dans une suspension contenant une charge virale de 103 UFP*/ml. Parallèlement, en vue d’une exposition partielle au virus, un tube en U en plexiglas cloisonné en deux parties égales dans sa partie horizontale par un anneau sur lequel est fixé un doigt de gant en latex a été fabriqué. Des carpes ont été introduites dans ce doigt où une ouverture est pratiquée pour laisser passer la bouche, les yeux et les opercules. Ce système permet d’exposer la partie postérieure du poisson à la solution virale (2 x103 UFP/ml durant 24 h), en préservant la partie antérieure, et donc les branchies. Après exposition partielle ou totale au virus, les carpes ont été prélevées et observées à l’aide d’une caméra ultrasensible à 12, 24, 48 et 72 h post-infection (p-i).
Dès 12 h p-i une discrète activité luciférase est détectée chez 7 poissons sur 10. A 24 h p-i, tous les poissons émettent un signal bioluminescent, qui s’accroît à 48 et 72 h p-i, ce qui confirme que le virus se réplique. De nouveaux spots luminescents apparaissent au cours du temps et touchent toute la surface de la peau et principalement les nageoires. Les poissons infectés dans le tube en U présentent des signaux bioluminescents uniquement sur la partie exposée à l’inoculum
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